Un mois d’Inde

Petit bilan et impressions des uns et des autres sur notre premier mois de voyage en Inde.

Autant l’été en camping-car ressemblait à des vacances XXL, autant partir en Inde s’apparente d’avantage à un voyage initiatique.

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On va essayer de vous raconter notre Inde, sans forcément aborder les sujets habituels , certes importants, comme la pauvreté ou la condition  des femmes… mais juste partager nos perceptions.

Finalement, regarder l’Inde à hauteur d’yeux d’ados nous montre qu’ils sont bien moins compliqués que nous et qu’ils se fabriquent, en 2 temps 3 mouvements, de nouveaux repères. Le fait que les draps et serviettes de l’hôtel soient lavés dans le Gange ne leur pose aucun problème du moment qu’il y a du wifi! Joseph est le plus doué d’entre nous pour envoyer balader les racoleurs collants alors qu’on se débat avec notre sacro-sainte culpabilité. De la même façon il va sans problème acheter des chips à un enfant qui fait la manche sans se soucier de son équilibre alimentaire. Suzanne, elle,  adore sa nouvelle blague de « attention il y a une vache… », dit comme ça c’est pas drôle, sauf que dans les ruelles de Bénarès ce sont les vaches qui ont priorité donc tout le monde se pousse le long des murs pour les laisser passer! Et Suzanne, ça la fait marrer! Quant à Camille, elle a rangé ses shorts et débardeurs car les selfies à longueur de journée commençait à la fatiguer, elle met des sarouels et des tuniques et les jeunes la regarde moins. En bref, ils s’adaptent…

 

Et nous, les parents là dedans, et bien on s’adapte aussi, mais avec la fâcheuse tendance à être dans la comparaison, c’est compliqué de se « recalibrer ». Par exemple, à l’hôtel, deux fois sur trois la chambre est sale, surtout la salle de bain et les draps sont à peine changés. Les indiens, eux, arrivent, défont les lits, demandent des draps propres et font faire le ménage si besoin. Mais nous on n’ose pas, on a  dans l’idée que les « pauvres » indiens ils font comme ils peuvent. Et bien non, certes les draps et les serviettes sont lavés dans la rivière parce qu’il n’y a pas d’autre solution mais au delà de ça, on a le droit d’attendre une chambre correcte. Pour les poubelles c’est pareil, oui le traitement des déchets est compliqué ici mais on voit régulièrement les gens jeter leurs ordures à côté de la poubelle. Dans certaines villes les containers restent vident et les détritus s’étalent  partout autour! Au bout d’un mois, on n’a plus aucune envie d’excuser leur attitude sous prétexte que c’est l’Inde!

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Par contre, il existe bien entendu 1000 autres situations où nos repères sont bouleversés parce qu’on n’a pas d’équivalent. Il s’agit des religions, des croyances, des rituels… de la culture avec un grand C, et là, qu’on adhère ou non, qu’on n’y croit ou pas, respect! Pourtant, on voit certains touristes qui frisent l’indécence, poussant par endroit les indiens à se protéger des intrusions, comme à Pushkar  où la plupart des temples sont réservés aux seuls hindous et où les photos sur les ghâts sont interdites.

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Entre les deux, il y a l’esprit de l’Inde, la sensation qu’il n’y a jamais de problème  qu’on ne puisse régler autour d’un chaï, que tout s’arrange d’un dodelinement de la tête, que rien ne sert de se dépêcher, on prendra bien le temps de mourir, que quand il y a du boulot pour un, on peut le partager en 2 ou 3 même si ça améliore rarement l’efficacité! Mais du coup, beaucoup trouve une petite place dans la société. Cette lenteur nous va bien, loin de la loi de la rentabilité maximale.

Pour finir sur le bilan du mois, la bouffe!!! Ça n’a l’air de rien, mais arriver à un stade de tolérance digestive est un vrai soulagement ! Les premiers temps on est très vigilant à manger tout cuit, en scrutant les conditions d’hygiène. Pas de jus de fruits, pas de lassi, aucune crudité et on boit de l’eau en bouteille, « minéral water, please! ». Sauf que l’eau en bouteille ici elle ne sort pas d’une source pure de l’Himalaya et les minéraux elle n’en contient aucun. C’est de l’eau purifiée par osmose inverse, filtration et traitement UV (!!!), donc elle est buvable mais il n’y a plus rien dedans. Du coup, manger tout cuit et zéro minéraux dans l’eau ça donne vite des crampes ! Heureusement, ça y est, on est d’attaque pour manger à peu près n’importe quoi alors on déguste salade, lassis et jus avec délectation, le tout saupoudré d’un peu de piment qui désinfecte.

 

Je vous écris de Bénarès où nous sommes installés depuis plusieurs jours. Ici la magie de l’Inde est décuplée et on ne se lasse pas de regarder autour de nous. Tous les jours on découvre un peu plus les différents rituels qui rythment la vie des hindous, sans toujours en comprendre le sens car on n’est pas paramétré pour! Dans les prochains articles, nous tenterons de vous faire cheminer avec nous dans cette ville sacrée où la mort n’a jamais autant fait partie de la vie.

Sandrine

 

 

 

 

 

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