Holy Varanasi

Comme on va passer plusieurs jours à Bénarès, je vais prendre le temps de vous faire partager un peu plus l’organisation de notre vie en voyage. Prendre le train par exemple peut parfois  prendre des allures de casse tête! Ça reste pourtant notre moyen de transport favori. Première étape, acheter le billet, pour Varanasi, 12heures de trajet, on a choisi un train de nuit. Nous sommes en couchettes sleeper, c’est la classe la plus basse (il en existe 3 autres, 3A, 2A et 1A), des compartiments de 6 couchettes+ 2 dans le couloir, en enfilade sans séparation, ça donne environ 80 couchettes par wagon. La plupart du temps il n’y a que très peu de touristes dans cette classe. D’habitude on est 6 donc on remplit le compartiment à nous tous, mais sans Louis forcément il y a toujours un intrus!

On a bien mangé, bien dormi et en partant avec 2 heures de retard, on savait qu’on n’avait pas besoin de se lever à l’aube! En se réveillant on avait 7h de retard!  Se pose alors LE problème du long voyage en train, de nuit, en Inde, les TOILETTES! Lingettes et solution hydro-alcoolique font partie de notre kit de survie!

Nous sommes donc arrivés vers 14h, frais comme des gardons dans LA ville sacrée de l’hindouisme. Varanasi reçoit chaque jour quelques 60 000 pèlerins qui viennent laver leurs péchés dans le Gange. Il faut donc imaginer des nuées de fidèles dans des ruelles qui ne dépassent pas 2m de large et des vaches sacrément nombreuses et encombrantes. Perdus dans ce dédale et cible privilégiée car touristes fraichement débarqués, on finit par payer 100 roupies un indien pour nous accompagner à notre hôtel. La chambre pour 5 sans fenêtre est minuscule et chère et moche et crade… On décide donc, que demain à la première heure, Olivier et moi irons à la recherche d’un gite plus confortable, dans un quartier plus calme et aéré.

En attendant, une bonne douche plus tard, nous voilà repartis en expédition.

Le Gange est bordé de grands escaliers qu’on appelle les ghâts, ils permettent de descendre jusqu’au bord de ce fleuve sacré. On dit qu’il sort des cheveux de Shiva. Il y a environ 90 ghâts à Varanasi, qui s’étirent sur 4km, on n’a donc que l’embarras du choix.

Tous les soirs, au moment du coucher du soleil à lieu partout en Inde, la Puja: prière du soir et chant sacré. Ici, c’est l’occasion de la  cérémonie du Ganga Aarti, offrande de la lumière au Gange. Nous sommes arrivés sur le Dasashwamedh Ghât au cœur d’une foule compacte, autant sur le ghât que sur des bateaux plein à craquer. La ferveur religieuse est palpable, il faut dire que 7 brahmanes font une chorégraphie avec chandeliers, encens et bougies au son des chants sacrés et des cloches que les fidèles agitent à tour de rôle. Pour finir, des bougies flottantes sont déposées sur le Gange qui s’éclaire de centaines de petites lumières. Ça a vraiment un côté magique et magnifique!

Rapidement, un sadhu vient nous mettre de la bouse de vache sur le front, décoré d’un point rouge en nous souhaitant bonheur, santé et prospérité moyennant une petite donation. Les Sadhus sont des mendiants religieux qu’on reconnait car la plupart porte du orange et on des allures parfois excentrique! Certains prêchent sur la place publique, d’autres vivent en ascète, leur but ultime est d’être délivré du cycle infernal des réincarnations.

Au cours des quelques jours passés ici, je vais tenter de vous faire percevoir combien tout dans la vie quotidienne des hindous, est emprunt de sacré et de superstition. Avant toute chose, nous avons besoin de nous trouver un lieu sympa dans lequel on se sente suffisamment bien pour y rester plusieurs jours. L’itinerance permanente commence à nous peser.

Dès le lendemain de notre arrivée, on déménage donc pour Pandey Ghât où nous avons trouvé deux grandes chambres.  La ruelle est moins passante avec d’un côté un chaï shop qui prépare un masala tea délicieux, plein d’épices et saupoudré de poivre. Deux où trois cantines pour nos repas et Baba, le roi des lassis, mélange de lait fermenté et de fruit frais, servis dans des pots en terre crue, hautement biodégradable! Une vraie vie de quartier, où, au bout de 2 jours, on croise des têtes connues, on papote dans la rue et les enfants se baladent sans soucis! Ce rythme permet aussi à Camille et Joseph d’être plus assidus sur le plan scolaire, ce qui est parfois difficile quand on bouge tout le temps.

On se promène au bord du Gange à toute heure, les enfants font du cerf-volant avec les jeunes du quartier, on fait de la barque avec Laloo, qui en plus de nous balader sur le Gange, nous explique plein de choses. S’asseoir et regarder vivre les indiens reste une de  nos activités favorites!

Demain, lever à l’aube car les ghâts au lever du jour sont un vrai spectacle dont, j’espère,  je vous ramènerai quelques belles photos.

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